Gare Voronej
Le Centre Levada, accusé peu auparavant d’être un “agent de l’étranger”, a répliqué en publiant un sondage qui fait ressortir que 46% seulement des personnes interrogées estiment que les élections à la Douma en septembre dernier, se sont déroulées de façon régulière, 21% qu’elles n’ont pas  » été honnêtes” et 22% ne se prononçaient pas .

Du point de vue de l’Europe

La position des indécis se comprend. Même la mission d’observation électorale de l’OSCE (Organisation de Sécurité et de Coopération en Europe- NdT) qui d’habitude est très stricte dans ses jugements, a fait preuve cette fois-ci dans ses déclarations de considérations passablement disparates. Le déroulement du scrutin y est qualifié de “bon” ou “très bon” dans 97% des bureaux de vote observés. ( …)

 » La mission a relevé des cas d’interférence dans le processus électoral de la part des autorités locales qui n’ont pas toujours fait preuve d’impartialité vis-à-vis des candidats. Le scrutin s’est dans l’ensemble déroulé correctement mais de nombreux vices de procédure ont été observés lors des opérations de dépouillement ”, ont indiqué les observateurs de la mission auxquels s’étaient joints des membres de l’Assemblée Parlementaire de l’Organisation.

Bref, les autorités locales ont abusé de leur pouvoir, de nombreuses violations ont eu lieu mais les élections se sont déroulées de manière transparente ; le déroulement du scrutin a été “très bon”, mais le caractère secret du vote a été violé. Comme si l’organisation internationale tenait à ne pas dire trop de mal de nos élections pour soutenir Ella Pamfilova [1] (Présidente de la Commission éléctorale centrale-NdT) qui a visiblement plu aux organisations internationales et aux associations occidentales de défense des droits de l’homme.

Dans son rapport sur les élections législatives de 2011, l’OSCE/ BIDDH [2] avait parlé d’un manque de transparence, de difficultés d’accès aux médias pour les partis d’opposition, et de pressions abusives de l’administration. Cette année, alors qu’il y a deux fois plus d’observateurs qu’aux élections dernières, ces violations auraient dû être doublement remarquées.

Il semble que du point de vue de l’Europe nos élections aient été vraiment transparentes. Cela étant, le mot “légitime” est le grand absent dans leurs déclarations [3].

Eux aussi n’avaient pas suffisament truqué les résultats

Comme ici à Voronej, ce sont les représentants des partis dépités par leur défaite, assistés par des jusristes et des ONG, et non les observateurs ou les commissions électorales, qui ont dénoncé ces “élections illégales”. La fois précédene, c’était le parti “Russie juste” représenté par ce  « houligan » de Pakholkov qui avait fait le plus de bruit. Cette année, ce sont les partis de droite et le KPRF (Parti communiste) qui ont animé le mouvement de protestation.

Ainsi, Sergueï Mouchtenko, candidat du parti “Iabloko”, a déposé une plainte auprès du tribunal de Talov contre la commission électorale N° 3618 pour l’obliger à annuler ses résultats, à procéder à un nouveau décompte des voix et à introduire les nouvelles données dans le système « Vybory » d’agrégation des résultats. (…)

D’après les résultats publiés par cette commission, le candidat Gostev était crédité de 121 alors que seuls 21 lui ont été attribués dans le système « Vybory », le candidat de « Russie Juste» était crédité respectivement de 16 et 0 voix, la candidate du Parti de la croissance de 17 et 0 voix et lui-même Mouchtenko de 5 et 0 voix respectivement.

« Je pense que la commission électorale n’a simplement pas voulu s’embêter– nous a répondu une source anonyme que nous avons interrogée. Pour que la falsification ait une apparence de vérité, il aurait fallu tout compter soigneusement et contrefaire les bulletins. A quoi bon ? Et ce n’est sans doute pas la première fois qu’elle agissait ainsi : elle a vu que ses résultats « détonnaient » par rapport à ceux des bureaux de vote voisins et elle s’est rapidement « mise au diapason ». Quoi qu’il en soit, l’affaire est claire et limpide. « 

Je vous laisse deviner à quel parti les voix manquantes ont profité. (…)


[1] NdT: Présidente de la Commission électorale centrale.

[2] NdT: instance de l’OSCE chargée notamment de l’observation des élections.

[3] NdT: ce mot, qui ne figure pas dans la terminologie de l’OSCE, signifie sans doute pour l’auteur que l’OSCE s’est abstenue de « légitimer »  le résultat du scrutin.

 Auteur: Alexandre Saoubanov.

Traduit du russe par Marie-Clarté Delisle.

Source: « Выборы в Воронежской области  закончились, суды – начались ».

Publié dans Vremia  Voroneja le 03 octobre 2016.

Source Photo: Wikipédia.

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