Perm
Les PME face au crédit cher et à l’excès de réglementation
Le ministère du Développement économique du territoire de Perm s’efforce de libérer les entreprises des charges qui pèsent sur elles et d’inciter  les entreprises du secteur de l’industrie légère à se regrouper, tandis que l’ « Union internationale des affaires » compte accroître le nombre d’entreprises qui ne dépendent pas de l’exportation de matières premières.

Mieux vaut avancer lentement, mais par ses seules forces

Les entreprises, pour survivre, doivent lutter avec deux principaux grippe-sous : les banques et l’État. Les intérêts à payer pour les crédits chers minent la compétitivité des produits russes.Si elles ne peuvent compter que sur l’autofinancement, les sociétés russes mettent plus longtemps à se développer que les Chinois à manger avec leurs baguettes. Des Chinois qui, eux, ne laisseront pas échapper les bonnes occasions.

Pour pouvoir baisser nos prix, dit le gérant du groupe de sociétés Avira, Alexeï Zagoumennykh, il nous faut des crédits bon marché. Des taux d’intérêt bas nous permettront de fabriquer nous-mêmes les composants, au lieu de les acheter à l’étranger. Cela évitera l’externalisation et abaissera les prix de revient. Aujourd’hui notre croissance dépend entièrement de l’autofinancement, ce qui ralentit notre entrée sur le marché.

Les entreprises de fabrication  de jouets travaillent  à 90% à partir de produits locaux : leurs fournisseurs – ateliers de couture et travail du bois- sont à Perm, certains travaux accessoires de couture sont effectués à Ivanovo. Les composants utilisés –  métal servant à faire les carcasses des jouets, PVC et mousse – sont russes. Seuls certains plastiques sont achetés à l’étranger.

Une rétribution disproportionnée

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En Iran, les taux d’intérêt  sont de 4%, contre au mieux 11-12% en Russie, déclare le directeur général de AVT-Sport, Alexeï Tarassenko. On voit tout de suite que nous sommes désavantagés par rapport à nos concurrents étrangers. Le crédit  est hors de prix. Quelle doit être la rentabilité de notre entreprise  si nous voulons continuer de nous moderniser, payer les salaires, nous développer et rembourser nos emprunts ? Il est de plus en plus difficile de rembourses ses prêt , surtout si l’on n’est pas en situation de monopole et que l’on  ne peut pas augmenter nos prix de vente. L’endettement des PME  a augmenté de 28% au premier semestre de 2016 pour atteindre 705 milliards de roubles. Les arriérés d’intérêts représentent15,2% des encours de  crédits de la MSB (Banque internationale de la construction- NdT),  soit 3,5 points de plus qu’au 1.07.2015, d’après l’agence de notation RAEX.

AVT-Sport est la 3ème entreprise russe de fabrication  de chaussures de ski, avec un million de paires vendues par an. La fabrication est à 95% locale, seuls certains accessoires viennent de l’étranger, soit parce que la Russie ne les produit pas, soit en raison de leur mauvaise qualité.

La conquête de marchés  à l’Ouest

En 2015, le commerce extérieur  du territoire de Perm  a représenté  5, 5 milliards  dont 4, 7 à l’exportation (86,3% du total). Nous exportons des engrais potassiques et azotés, du bois, du contreplaqué et du papier journal. D’après l’Union internationale des affaires, nous n’avons que  200 entreprises exportant autre chose que  des matières premières, et leur part dans les exportations de la région ne dépasse pas 17%.

Cependant, les entreprises de Perm ne cherchent pas seulement à trouver des substituts à leurs  importations mais à conquérir des marchés extérieurs. Avira vend ses produits en Espagne, en Estonie et au Kazakhstan. AVT-Sport fait la promotion de ses marques de chaussures en Italie.

Le vice-président de l’Union internationale des affaires, Youri Silov, voit le moyen de soutenir les exportateurs dans la coordination avec l’État pour l’attribution  de subventions, le soutien aux projets spéciaux d’investissement,  la signature de contrats avec les corporations,  la commercialisation et la sous-traitance.

Des contrôleurs peu scrupuleux

La machine à tester les semelles d’AVT-Sport n’aura pas le temps d’effectuer 200 000 cycles de pliage-dépliage que les entreprises de Perm auront eu au moins 40 visites d’organismes d’inspection. Le ministère du Développement économique a calculé que, sur 21 000 contrôles, 65% étaient effectués à l’improviste.

Il arrive souvent, se désole  le ministre du Développement économique Leonid Morozov, qu’une seule et même entreprise soit contrôlée plusieurs fois par le même service administratif. Et l’on trouve toujours de bonnes raisons pour le justifier. C’est pourquoi, pour la première fois, nous avons voulu que le processus soit transparent : les inspections ne doivent pas interrompre l’activité l’entreprise, elles doivent être le plus possible transparentes, ouvertes et efficaces, viser à protéger les intérêts et la santé de la population et ne pas obliger les patrons à graisser la patte aux contrôleurs.

Le site du ministère comporte à cet effet un registre fournissant la liste des organismes habilités à procéder à des contrôles. Le ministre a promis de lui adjoindre prochainement  un registre des inspecteurs, pour que les entreprises sachent à qui elles ont affaire, et qu’il ne s’agit pas d’arnaqueurs.


Auteur: Andreï Debreniev.

Traduit du russe par Robert Giraud.

Source: « Малый и средний бизнес проигрывает конкурентам из-за дорогих денег и зарегулированности государством ».

Publié dans Permski Obazrevatel’ le 27 aout 2016.

Source Photo: Wikipédia.

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