En cette nouvelle année 2017, les Moscovites s’attendent à une nouvelle hausse du prix de l’eau et du chauffage. “Mosvodocanal” prévoit d’introduire une nouvelle grille tarifaire pour l’eau au 1er juillet prochain. Mais c’est à partir du 1er janvier, en plein milieu de la saison hivernale, que le prix du chauffage grimpera. Nous sommes habitués aux tarifs actuels de 33 roubles le m3 d’eau froide et de 133 roubles pour l’eau chaude. Mais à Moscou, à peine a-t-on eu le temps de s’y habituer, que les prix augmentaient déjà. Depuis le 1er juillet, le m3 d’eau chaude est d’environ 11 roubles plus cher qu’avant, et le m3 d’eau froide a augmenté de 2 roubles et des poussières. A “Mosvodocanal” on souligne que l’augmentation du prix enregistré sur les factures reste dans des proportions raisonnables compte tenu de l’augmentation des prix du carburant, des équipements et des agents chimiques. En un mot de tout ce qui est nécessaire au traitement et à la distribution de l’eau.

A compter du 1er janvier, ceux qui n’ont pas de compteur d’eau subiront une nouvelle hausse du coefficient multiplicateur. De 1,4 en 2016, il est déjà passé à 1,5 au premier trimestre 2017. La même évolution s’observe pour les tarifs du chauffage. Les habitants d’immeubles ne disposant pas de compteur d’eau chaude vont payer leur chauffage une fois et demi plus cher que les autres. Seuls les immeubles où l’installation de compteurs collectifs est techniquement impossible pourront échapper à la hausse tarifaire. A condition cependant que cette impossibilité technique soit attestée par un acte juridique.

Toujours est-il qu’équiper chaque appartement d’un compteur d’eau n’est pas toujours possible. Si les canalisations d’eau passent dans les murs, il faudrait abattre les murs et casser le carrelage pour installer un appareillage censé permettre de faire des économies. Faire des travaux d’aménagement n’est pas une sinécure, et les choses se compliquent encore davantage quand il s’agit d’installer des compteurs d’eau chaude.

Alexandra Andreevna, conseillère municipale de la ville de Lefort, a reçu une lettre de la Mairie de Moscou qui révélait qu’en 2005 90% des compteurs domestiques étaient soit cassés soit jamais relevés (les indicateurs étant supprimés). “ Seules les entreprises accréditées ont accès aux dispositifs de compteurs. L’ennui c’est qu’il n’est pas du tout rentable pour elles de réparer les compteurs cassés. ” Quand les compteurs collectifs d’eau chaude sont hors service (ou non relevés), les résidents sont facturés à un tarif forfaitaire exorbitant : deux fois plus élevé que le tarif normal. Et ce, même si dehors il fait -30°.

Partout, les spécialistes du droit du logement traquent les dispositions contentieuses qui exigent, par exemple, que tous les équipements se trouvent à l’intérieur d’un immeuble pour que le relevé des compteurs de chacun des appartements puisse se faire. Si un seul d’entre eux n’est pas équipé de compteur, le relevé des compteurs des autres appartements n’est pas assuré, et c’est le paiement forfaitaire qui une nouvelle fois s’applique. Face à une telle politique, quel intérêt peut-on avoir à s’équiper d’un compteur ? Déposer plainte pour surfacturation est extrêmement compliqué. Il faut non seulement prouver que si le compteur fonctionnait, il aurait indiqué une consommation moindre mais aussi qu’un compteur en bon état vaut mieux qu’un compteur prétendument cassé.

La simple pose de compteur dans un appartement n’est pas chose aisée. Un appartement est traversé par plusieurs conduits de chauffage. Sur chacun d’eux, il faut poser un compteur. Plus d’une fois sur deux, ce sont au moins deux voire quatre compteurs qu’il faut poser. L’équipement lui même n’est pas donné. Certaines entreprises le proposent à 7 000 roubles (env. 112 € pour des salaires moyens de 250€ par mois). D’autres le vendent à 13 000 roubles au moins, pose comprise. Ainsi, pour l’achat de quatre compteurs, une famille moscovite devra dépenser entre 28 et 52 000 roubles. S’agissant des économies attendues, les avis divergent. Certains organismes ont convaincu les habitants qu’un assortiment de compteurs leur permettrait d’économiser entre 6 et 12 000 roubles pendant la période hivernale. D’autres les mettent en garde contre une dépense coûteuse et peu rentable. Le mode de facturation du chauffage est si compliqué que personne ne fait de réclamation. Même lorsque que la facture est surévaluée. Et quand des recalculs sont faits, parce qu’il y en a qui sont fait, c’est quasiment toujours au détriment des consommateurs.

Rembourser un consommateur est une ineptie aux yeux des fournisseurs de chauffage. Et il n’est pas rare que quelqu’un paie deux fois la même facture alors même qu’aucun tarif n’a augmenté. A Lefort même, des gens ont subi une surfacturation de 500 roubles par mois. A ceux qui l’ont remarqué, on a donné cette explication : vous avez une dette que vous n’avez pas à rembourser en une seule fois mais par échéance. Au total, douze échéances mensuelles de 500 roubles. Les gens ont protesté et ont déposé des recours un peu partout. Pour trouver une solution au litige, ils ont fait appel notamment à deux conseillers municipaux, Alexandra Andreevna et Pavel Tarasov. Il s’est avéré que la dette en question était imputable non aux habitants mais à la direction de la centrale d’approvisionnement (DEZ). La DEZ a aussitôt trouvé un moyen pour faire payer l’ardoise aux consommateurs.

(…) Mais ses indélicatesses et ses malversations tombèrent dans les journaux locaux qui expliquèrent comment il était légalement possible de se faire rembourser les surcoûts de chauffage. Ainsi, avec plus ou moins de succès, les habitants ont obtenu, envers et contre tout, un remboursement.


Auteur: Non Indiqué.

Traduit du russe par Equipe Gazeta.

Source: « Тепло на вес золота ».

Publié dans Argoumenti Nedel’ le 15 décembre 2016.

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