Ne pas nous prendre pour des forçats !

C’est ainsi qu’ont exprimé leur raz-le-bol les enseignants réunis devant le ministère de l’Éducation et de la Recherche.

Le 27 avril, à la veille de la fête du Travail du 1ermai, le syndicat des enseignants a organisé un rassemblement devant le bâtiment du ministère, sous les slogans suivants : « Nous ne sommes pas des forçats ! », « Nos 18 h de travail méritent un salaire décent . » « Les examinateurs doivent être payés ! »

Les enseignants ont reçu le soutien du syndicat de l’enseignement supérieur. Les organisations syndicales de l’éducation contestent les déclarations des autorités régionales affirmant avoir procédé aux augmentations de salaires prévues par les textes.

–  » Le financement des établissements secondaires d’enseignement général et spécialisé incombe aux régions » nous expliquent les organisateurs de la manifestation. Mais la plupart d’entre elles sont déficitaires et sont tributaires des subventions fédérales pour faire face aux besoins des écoles. Or, ces subventions ne parviennent en général pas aux destinataires. En fait, les salaires ont cessé d’augmenter en valeur réelle à partir de 2013 ; l’amélioration apparente observée est due à une réaffectation des ressources, une augmentation de la charge de travail et une multiplication des tâches des enseignants.

D’après les manifestants, les gestionnaires de l’éducation économisent sur tout. Prenons l’exemple des examens de fin d’études. Théoriquement, la couverture de ces dépenses est prévue dans la loi sur l’éducation. Mais, d’après les syndicats, ces heures ne sont payées qu’à 53 %, bien que les examinateurs soient entièrement responsables, y compris au pénal, du bon déroulement des épreuves. On comprend l’irritation que cela provoque parmi les personnels.

Certes, en février dernier, le syndicat a déposé une requête auprès du parquet général, et des infractions à la loi sur l’éducation ont été constatées dans 11 régions. Mais la majorité des enseignants lésés n’ont encore rien touché.

En fin de compte, les enseignants touchent moins, travaillent plus, et les parents d’élèves doivent payer pour des services jusqu’à maintenant considérés comme incontestablement gratuits Ce qui est le cas des mesures de soutien aux élèves de familles défavorisées.

Un éternel sujet de mécontentement des professeurs est l’étendue des rapports et comptes rendus qu’ils ont à fournir, des inspections qu’ils subissent. Tout ceci leur laisse moins d’heures pour dispenser leur enseignement.

Le vice-président du syndicat, Léonide Perlov, ajoute à toutes ces doléances de ses collègues le fait que la nomination d’un nouveau ministre n’a pas apporté d’améliorations sensibles. La situation demeure difficile dans tous les secteurs. Les enseignants demeurent toujours aussi dépendants de l’administration : aucune initiative ne leur est laissée. La position des directeurs d’établissement n’est pas plus enviable : ils peuvent être renvoyés du jour au lendemain par la collectivité locale dont dépend leur école.


Auteur: Marina Lemoutkina.

Traduit du russe par Robert Giraud.

Source: « « Учитель – не раб на галерах! «  ».

Publié dans mk.ru le 21 mai 2017.

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