Il suffit de poser la question dans n’importe quelle rue d’Iekaterinbourg : « Sommes-nous en Europe ou en Asie ? » La réponse, invariablement, déclenche un sourire, parfois un haussement d’épaules, parfois un long silence songeur. Car la question n’est pas anodine. Elle touche à quelque chose de fondamental dans la manière dont les habitants de l’Oural se représentent eux-mêmes, leur territoire, leur place dans le monde.

Dmitri Levtchenko enseigne la géographie physique à l’Université fédérale de l’Oural depuis dix-huit ans. Son bureau, au quatrième étage d’un bâtiment de béton soviétique, est une géographie à lui seul : cartes d’état-major épinglées aux murs, atlas empilés jusqu’au plafond, une maquette en relief de la chaîne de l’Oural trônant sur la table basse entre deux tasses de thé. C’est un homme précis, qui pèse ses mots, qui dit souvent « en réalité » ou « c’est plus nuancé que ça » avant de développer une réponse que vous pensiez connaître — et que vous découvrez infiniment plus riche.

Pour le pilier Oural, la frontière entre Europe et Asie n’est pas une ligne tracée sur une carte. C’est une histoire de géologie, de politique, d’identité, de récits millénaires et de conventions savantes que les géographes débattent encore. En dix-huit ans d’enseignement, Levtchenko a vu des générations d’étudiants arriver avec leurs certitudes, et repartir avec des questions bien plus intéressantes.

Hélène Cormier l’a rencontré en mai 2026, entre deux cours, pour GAZETA France-Oural. L’entretien a duré deux heures. Il n’a pas suffi.


Hélène Cormier : Dmitri Nikolaïevitch, posons la question brutalement : l’Oural est-il vraiment la frontière entre l’Europe et l’Asie ?

Dmitri Levtchenko : En réalité, la question elle-même est déjà un piège. Parce qu’elle suppose qu’il existe une frontière naturelle, évidente, inscrite dans la roche — et que nous n’aurions qu’à la lire. Mais regardez la carte : la notion de « frontière Europe-Asie » est une construction intellectuelle, pas un fait physique. L’Europe et l’Asie ne sont pas deux continents au sens strict. Ce sont des péninsules d’une même masse terrestre, l’Eurasie, que les géographes grecs de l’Antiquité ont distinguées pour des raisons culturelles autant que géographiques. L’Oural est effectivement la limite la plus reconnue aujourd’hui, parce qu’il constitue un obstacle physique visible, un relief longitudinal qui court du nord au sud sur plus de 2 000 kilomètres. Mais d’autres critères — les bassins versants, les biomes, les cultures, la tectonique des plaques — donnent des frontières très différentes. Certains géographes placent la limite sur la rivière Oural, d’autres sur la Caspienne, d’autres encore sur le fleuve Emba. C’est plus nuancé que ça ne le paraît dans les manuels scolaires. Ce qui est certain, c’est que l’Oural est le tracé officiel depuis le XVIIIe siècle — et que cette officialisation a une histoire fascinante, que nous allons sûrement aborder.


Hélène Cormier : Justement, parlons géologie. Quelle réalité physique y a-t-il derrière cette frontière ?

Dmitri Levtchenko : La réalité géologique est indéniable, même si elle ne correspond pas exactement à la frontière politique. L’Oural est une chaîne de plissement hercynien, formée lors de la collision de deux plaques tectoniques il y a environ 300 millions d’années — à peu près à la même époque que les Appalaches en Amérique du Nord, avec lesquels il partage d’ailleurs une origine géologique commune. Cette collision a soudé le craton est-européen au craton sibérien, créant une suture géologique visible jusqu’à aujourd’hui dans la composition des roches. À l’ouest de l’Oural, on trouve des roches sédimentaires — calcaires, grès, dolomies — caractéristiques des bassins de la plateforme russe. À l’est, les roches métamorphiques et les complexes ophiolitiques témoignent d’une histoire géologique différente. En réalité, la frontière géologique entre les deux plaques n’est pas une ligne nette mais une zone de 50 à 100 kilomètres de largeur, qui englobe toute la chaîne. La frontière « officielle » Europe-Asie suit grossièrement la ligne de partage des eaux, c’est-à-dire la dorsale principale. C’est raisonnable, mais ce n’est qu’une convention parmi d’autres possibles. Ce qui est irréfutable, c’est que l’Oural constitue bien un seuil géomorphologique entre deux grandes régions physiographiques distinctes.


Hélène Cormier : Comment Pierre le Grand a-t-il officialisé cette frontière ? Et pourquoi lui, spécifiquement ?

Dmitri Levtchenko : C’est une histoire qui m’est chère, parce qu’elle illustre à quel point les frontières géographiques sont souvent des décisions politiques déguisées en vérités naturelles. Au début du XVIIIe siècle, la Russie cherchait à s’affirmer comme puissance européenne. Pierre le Grand voulait réformer l’empire, l’ouvrir à l’Occident, le positionner dans le concert des nations européennes. Or, si la Russie s’étend jusqu’au Pacifique, elle ne peut pas prétendre être une puissance « purement européenne ». Il fallait donc tracer une frontière qui inclue la Russie historique dans l’Europe, tout en excluant les territoires sibériens récemment conquis. C’est le géographe Vassili Tatichtchev, cartographe au service de Pierre le Grand, qui a proposé l’Oural comme ligne de partage dans les années 1720. Ce choix n’était pas anodin : il permettait de placer Moscou, Saint-Pétersbourg et les centres historiques en Europe, tout en classifiant la Sibérie — vaste, peu peuplée, récemment colonisée — comme territoire asiatique. C’est plus nuancé que ça, bien sûr, parce que Tatichtchev avait aussi des arguments géographiques solides. Mais l’arrière-plan politique était là. Ce tracé a été repris par la communauté géographique internationale et s’est imposé progressivement au fil des siècles. Aujourd’hui, il est la référence universelle, même si le débat académique n’est jamais vraiment clos.


Hélène Cormier : Concrètement, comment reconnaît-on cette frontière depuis le sol ? Si je traverse l’Oural en voiture, que vois-je ?

Dmitri Levtchenko : C’est la question que je préfère, parce que la réponse est à la fois simple et décevante pour celui qui attend un spectacle dramatique. Si vous traversez l’Oural par la route principale, celle qui relie Perm à Iekaterinbourg — la même qui suit l’ancien tracé du trakht de Sibérie, la grande route des bagnards et des commerçants —, vous allez traverser une forêt. De la taïga. Des épicéas, des mélèzes, des bouleaux. Puis vous verrez, sur le bord de la route, une petite stèle de pierre ou de béton, parfois une obélisque, avec une inscription : « Europe-Asie ». Des touristes s’y arrêtent pour se photographier avec un pied de chaque côté. Et c’est tout. Il n’y a pas de falaise abrupte, pas de désert d’un côté et de prairie de l’autre. La transition est subtile. Côté occidental, la végétation est légèrement plus dense, les rivières coulent vers l’ouest pour rejoindre la Volga et la mer Caspienne. Côté oriental, les rivières coulent vers l’est pour rejoindre l’Ob et l’Irtyche, qui se déversent dans l’Arctique. C’est ce bassin versant qui constitue la frontière géographique la plus concrète. Mais depuis un véhicule, à 90 km/h sur une route moderne, on ne voit rien de tout cela. Il faut s’arrêter, marcher dans la forêt, observer les lichens sur les roches, sentir l’air. Alors on commence à percevoir quelque chose.

Vue panoramique de la chaîne de l'Oural depuis un col en automne, taïga à l'est et steppe à l'ouest


Hélène Cormier : Iekaterinbourg se trouve à 40 kilomètres à l’est de la frontière. Comment cette ville vit-elle cette double identité eurasiatique ?

Dmitri Levtchenko : Iekaterinbourg est un cas fascinant d’identité urbaine construite sur l’ambiguïté. La ville a été fondée en 1723 — par Pierre le Grand encore lui, ou plutôt par ses ingénieurs — comme centre métallurgique et administratif de l’Oural. Elle se retrouve donc à l’est de la frontière Europe-Asie, techniquement en Asie, mais avec une culture, une architecture, une université qui se réclament pleinement de l’héritage européen de la Russie. Cette tension est productive, je crois. Les habitants d’Iekaterinbourg — qu’on appelle les Iekatérinbourgeois, ou parfois les Ouraliens — ont une identité régionale très forte, distincte à la fois de Moscou et de la Sibérie profonde. Ils ne se sentent ni les uns ni les autres. Ils sont ouraliens, point. La ville se présente volontiers comme la « capitale de l’Oural » et le « carrefour de l’Eurasie ». On retrouve cette rhétorique dans les discours officiels, dans les guides touristiques, dans les slogans des foires internationales. Et puis l’immensité de la Sibérie commence là, juste au-delà de la ville — c’est une conscience géographique que les habitants portent dans leur quotidien, même inconsciemment. Ce positionnement à la charnière a aussi des avantages pratiques : Iekaterinbourg est devenue une ville de congrès, de foires, de rencontres entre mondes. Le Sommet des BRICS s’y est tenu, l’Expo 2025 y avait été kandidaturée. La géographie, en réalité, crée des opportunités.


Hélène Cormier : Dans les discours politiques russes, comment le méridien de l’Oural est-il utilisé ?

Dmitri Levtchenko : C’est un sujet délicat, et je vais essayer d’être précis sans sortir de mon domaine. Ce qui est observable — géographiquement et politiquement — c’est que la frontière Oural a toujours servi de marqueur rhétorique dans les discours sur l’identité russe. Quand on parle de « la Russie européenne », on désigne implicitement les territoires à l’ouest de l’Oural. Quand on parle de « Sibérie », on entend l’immensité à l’est. L’Oural lui-même reste une zone un peu indéfinie dans ce découpage binaire — ni clairement l’un ni clairement l’autre, ce qui explique l’identité régionale si forte dont je vous parlais. Dans les discours sur l’eurasisme — cette doctrine politique qui affirme que la Russie n’est ni européenne ni asiatique mais quelque chose de troisième —, l’Oural occupe une place symbolique centrale. Il représente la suture, le point de rencontre. Les eurasistes y voient la preuve physique que la Russie est une civilisation à part entière, distincte de l’Occident. Les partisans d’une Russie « européenne » minimisent au contraire la frontière, en insistant sur la continuité culturelle entre Moscou et Iekaterinbourg. En réalité, la chaîne de l’Oural est suffisamment ambiguë pour servir tous les discours. C’est le lot de la géographie quand elle entre en politique.


Hélène Cormier : Vous l’avez dit : l’Oural est très ancien, et cela explique sa faible altitude. Pouvez-vous développer ?

Dmitri Levtchenko : Regardez la carte physique : le mont Narodnaya, point culminant de l’Oural, atteint 1 895 mètres. Le mont Blanc fait 4 808 mètres. Les Himalayas dépassent 8 000 mètres. Pourquoi cet écart ? Parce que l’âge d’une chaîne de montagnes détermine directement sa hauteur résiduelle. Les Alpes sont jeunes — elles ont commencé à se former il y a environ 30 millions d’années, et leur soulèvement est encore actif. Les Himalayas sont encore plus jeunes, 50 millions d’années, et l’Inde continue de pousser contre l’Asie. L’Oural, lui, a 300 millions d’années. L’érosion a eu 300 millions d’années pour travailler : les glaciations successives, les cycles gel-dégel, les rivières, le vent. Tout cela a raboté, aplani, dissous. Il ne reste que les racines de la chaîne originelle, qui devait être aussi imposante que les Alpes actuelles. C’est plus nuancé que ça, parce qu’il y a aussi des différences de lithologie — certaines roches de l’Oural sont particulièrement résistantes à l’érosion, comme les quartzites du nord, et ont maintenu des reliefs relatifs. Mais globalement, l’Oural est une chaîne « usée par le temps ». Et cette ancienneté a une conséquence pratique remarquable : les minerais métalliques, concentrés par des centaines de millions d’années de processus géochimiques, sont extraordinairement riches dans l’Oural. Le fer, le cuivre, le chrome, le platine, et bien sûr la malachite — tout cela est lié à l’âge de la chaîne.

Stèle marquant la frontière Europe-Asie en Oural, touristes photographiant le monument


Hélène Cormier : Les populations de l’Oural — comment s’identifient-elles ? Européennes, asiatiques, russes, ouralien-nes ?

Dmitri Levtchenko : Les enquêtes sociologiques menées par notre université et par des institutions moscovites donnent des résultats cohérents depuis vingt ans : les habitants de l’Oural ne s’identifient pas prioritairement comme « européens » ou « asiatiques ». Ils se définissent d’abord comme Russes, puis comme Ouraliens — « Ouraljtsy » en russe. C’est une identité régionale très forte, l’une des plus marquées de tout le pays. Plus que les Sibériens, plus que les Volgariens, plus que les habitants du Centre. Cela tient à l’histoire : l’Oural a été pendant des siècles une région ouvrière, minière, métallurgique. Une région qui a produit la matière première de l’empire russe — le fer des canons, le cuivre des monnaies, l’acier des usines. Les Ouraliens ont une conscience de cette contribution historique, une fierté de travailleur qui les distingue de Moscou. Et puis les peuples non-slaves de l’Oural — Bachkirs, Maris, Oudmourtes, Komis — ont leurs propres identités, distinctes à la fois des Russes slaves et des catégories européen/asiatique importées de l’extérieur. En réalité, l’Oural est un espace de pluralité identitaire ancienne. La frontière Europe-Asie, pour un Bachkir de l’Oural du Sud, n’a pas le même sens que pour un ingénieur russe d’Iekaterinbourg ou pour un touriste français venu se photographier devant une stèle.


Hélène Cormier : Le changement climatique : comment affecte-t-il l’Oural, et qu’est-ce que cela change à cette frontière symbolique ?

Dmitri Levtchenko : C’est le sujet sur lequel nos équipes travaillent le plus intensément depuis dix ans. Les données sont préoccupantes. L’Oural est situé dans une zone de transition climatique — à l’ouest, un climat continental humide influencé par l’Atlantique ; à l’est, un climat continental sec, avec des amplitudes thermiques extrêmes. Le changement climatique perturbe cet équilibre de plusieurs manières. Premièrement, le permafrost : dans l’Oural polaire, au nord de la chaîne, le pergélisol dégèle à des rythmes sans précédent historique. Cela provoque des affaissements de terrain, menaçant des infrastructures construites sur ce sous-sol gelé. Deuxièmement, les glaciers : l’Oural possède quelques petits glaciers dans sa partie polaire, qui reculent de manière documentée depuis les années 1980. Troisièmement, la ligne de végétation : la taïga avance vers le nord, la toundra recule. Ces transformations modifient les écosystèmes, perturbent les systèmes hydrographiques, affectent les communautés autochtones qui vivent de la chasse et du renne dans l’Oural septentrional. Est-ce que cela change la frontière symbolique Europe-Asie ? En réalité, pas directement — la ligne de partage des eaux se déplace très lentement. Mais cela rappelle que cette frontière, si longtemps pensée comme immuable parce que géologique, est elle aussi soumise au temps, à l’histoire, aux transformations du vivant.


Cinq idées reçues sur l’Oural

On croit savoir ce qu’est l’Oural. On a tort, souvent. Dmitri Levtchenko a accepté de démonter cinq affirmations qu’il entend régulièrement, dans ses cours comme dans les médias.

1. « L’Oural est une montagne comme les Alpes, avec des sommets enneigés et des alpages. » Faux, pour l’essentiel. L’Oural polaire et subarctique, au nord du cercle arctique, a des paysages austères de toundra rocheuse et quelques névés. Mais la majorité de la chaîne — l’Oural moyen, où se concentre la population — ressemble à une forêt vallonnée. Des collines boisées, pas des sommets vertigineux. Un randonneur alsacien y reconnaîtrait les Vosges plutôt que le Mont-Blanc.

2. « La frontière Europe-Asie est une ligne précise, visible sur le terrain. » Déjà démystifiée dans cet entretien, mais l’idée reçue est tenace. La « frontière » est une convention cartographique qui suit grossièrement la ligne de partage des eaux. Il n’y a aucune discontinuité visible à l’œil nu. Les stèles que l’on photographie sont des monuments touristiques, pas des bornes naturelles.

3. « L’Oural est une région pauvre et industrielle, en déclin depuis la chute de l’URSS. » Partiellement inexact. Certaines villes mono-industrielles de l’Oural ont effectivement souffert des années 1990. Mais Iekaterinbourg est la troisième ville de Russie par le PIB, un centre universitaire et technologique majeur. L’Oural du Sud, avec ses ressources en minerais et ses industries de défense, reste économiquement actif. Le stéréotype de la « rouille ouralienne » est une caricature.

4. « La moto Ural vient de Sibérie. » Non — la moto Ural, née dans les ateliers de l’Oural tire précisément son nom de la chaîne de montagnes. L’usine fondatrice, l’Irbitskaïa Motorzavod, a été installée à Irbit, en Oural, en 1941, après évacuation depuis Moscou face à l’avancée allemande. La confusion avec la Sibérie est fréquente chez les amateurs français, peut-être parce que le caractère robuste et tout-terrain de la moto évoque l’image d’une machine sibérienne. Mais c’est bien une machine ouralienne.

5. « L’Oural n’a pas de culture propre, c’est juste une région de passage. » C’est l’idée reçue qui agace le plus les habitants. L’Oural a une culture minière et métallurgique pluriséculaire, une architecture spécifique (les « usines-châteaux » du XVIIIe siècle), une tradition de l’artisanat lapidaire incomparable — la malachite, le jaspe, la pierre de Shungite —, des traditions musicales et folkloriques propres aux peuples autochtones bachkirs et oudmourtes, une littérature régionale (Pavel Bazhov et ses contes de l’Oural restent des classiques), et une gastronomie locale influencée par les traditions de chasse et de la forêt. Ce n’est pas une région de passage. C’est une civilisation régionale à part entière.

Pour les curieux qui souhaitent approfondir la culture matérielle de la région, l’artisanat de la malachite ouralienne est un point d’entrée remarquable dans l’esthétique et le savoir-faire qui ont fait la réputation mondiale de l’Oural bien avant les guides touristiques.


Ce qu’il faut retenir

La frontière Europe-Asie est une convention, pas une vérité naturelle. L’Oural constitue le tracé le plus reconnu et le plus défendable géographiquement — la dorsale principale suit effectivement une ligne de partage des eaux, et la géologie distingue deux régions physiographiques distinctes. Mais cette convention date du XVIIIe siècle et a été formalisée pour des raisons politiques autant que scientifiques. Plusieurs autres tracés sont défendables.

L’ancienneté de l’Oural est à la fois sa modestie et sa richesse. 300 millions d’années d’érosion ont produit une chaîne aux sommets discrets — mais aussi des concentrations minérales exceptionnelles, qui ont fait de l’Oural le cœur industriel et métallurgique de la Russie pendant trois siècles. La géologie ancienne n’est pas une faiblesse : c’est un patrimoine.

L’identité ouralienne existe, elle est forte, et elle n’est ni européenne ni asiatique. Les habitants de l’Oural — qu’ils soient Russes slaves, Bachkirs, Maris ou Komis — ont construit une identité régionale distincte, fondée sur une histoire commune de travail, de ressources naturelles et de position géographique intermédiaire. Comprendre l’Oural, c’est accepter que les catégories binaires « Europe vs Asie » sont trop simples pour rendre compte de la réalité d’un territoire aussi complexe. Pour ceux qui souhaitent transformer cette curiosité en voyage, VoyagerRussie.com rassemble des itinéraires et des conseils pratiques pour découvrir l’Oural du Sud et ses vallées minières, ses villes-usines et ses espaces naturels préservés.

Entretien réalisé à Iekaterinbourg en mai 2026. Dmitri Levtchenko est un personnage éditorial fictif, synthèse de l’état de la recherche géographique sur l’Oural.