Datcha, banya, et le rythme des saisons

Trois institutions matérielles structurent l'année dans la plupart des familles russes hors capitales. La datcha — résidence secondaire modeste, souvent une izba en bois entourée d'un jardin potager — accueille les week-ends d'été et la récolte des conserves d'hiver. La banya — sauna humide russe, distinct du sauna finlandais — est rituel hebdomadaire de purification, lieu de sociabilité masculine et féminine séparée. Le calendrier orthodoxe — Noël le 7 janvier, Pâques mobile, Troitsa (Pentecôte) — rythme les fêtes même dans les familles non pratiquantes.

Mémoires culturelles régionales

  • Pomors : culture maritime des bords de mer Blanche (Arkhangelsk), chants polyphoniques, artisanat du bois.
  • Cosaques : du Don, du Kouban, de Sibérie. Renaissance partielle depuis les années 1990, costumes, choeurs, écoles paramilitaires.
  • Bouriates : datsans bouddhistes, fête du Sagaalgan (Nouvel An lunaire), cuisine à base de mouton et de produits laitiers fermentés.
  • Tatars : Sabantouï (fête des labours), théâtre tatar, cuisine (tchak-tchak, ouchpotchmak).
  • Caréliens : épopée du Kalevala (partagée avec la Finlande), tradition du chant runo, sauna pluri-millénaire.

Cinéma, littérature, arts visuels

Les capitales régionales ont chacune leur scène culturelle propre. Kazan et son théâtre tatar ; Iekaterinbourg et sa scène rock alternative ; Novossibirsk et son académgorodok scientifique-culturel ; Iakoutsk et le cinéma sakha — l'un des phénomènes les plus surprenants de la décennie, avec une dizaine de longs métrages produits chaque année en langue iakoute. La GAZETA suit cette créativité régionale, qui passe rarement le filtre des grandes critiques moscovites.

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