Quatre grandes familles linguistiques
Pour s'orienter dans cette diversité, le plus simple est de partir des familles de langues. Quatre dominent le territoire russe :
- Famille altaïque : Tatars (turc), Bachkirs (turc), Iakoutes (turc), Bouriates (mongol), Touvinois (turc), Kalmouks (mongol). Présence forte dans le bassin de la Volga, en Sibérie centrale et orientale, en Bouriatie.
- Famille ouralienne : Caréliens, Komis, Khantes, Mansis, Maris, Mordves, Oudmourtes. Concentrée dans le Nord russe et l'Oural occidental.
- Famille caucasienne : Tcherkesses, Adyguéens, Avars, Tchétchènes, Ingouches, Darguines, Lezguiens. Très fragmentée — le Daghestan compte une dizaine de langues officielles à lui seul.
- Familles paléosibériennes : Tchouktches, Itelmènes, Koriaks, Eskimos sibériens, Nivkhs. Peuples du nord-est, peu nombreux mais culturellement vivaces.
Pluralité religieuse
L'islam sunnite est la deuxième religion du pays — 10 à 15% de la population selon les estimations. Il domine au Tatarstan, en Bachkirie, en Tchétchénie, au Daghestan, en Ingouchie. Le bouddhisme tibétain est la religion historique de la Bouriatie, de la Kalmoukie et de la Touva — datsans (monastères) en activité, lamas formés en Inde, écoles bouddhiques renaissantes. Animisme et chamanisme persistent en Iakoutie, Tchoukotka, chez les peuples paléosibériens et altaïens. L'orthodoxie russe coexiste avec ces traditions, parfois en concurrence, parfois en syncrétisme.
Langues menacées et politiques de revitalisation
L'UNESCO classe une trentaine de langues de Russie comme « menacées » ou « gravement menacées » : ket, nganasan, tchoulym, itelmène, énets, nivkh… La russification linguistique, accélérée à l'époque soviétique, a laissé des traces durables. Depuis les années 1990, plusieurs républiques fédérées ont lancé des programmes de revitalisation : double signalisation dans les villes, enseignement bilingue, presse en langue locale, soutien aux arts traditionnels. Les résultats sont contrastés selon les régions et les générations.
