Les peuples finno-ougriens de Russie forment une mosaïque ethnique et linguistique d’une richesse méconnue en Occident. Mordves, Maris, Tchouvaches, Caréliens, Komis, Oudmourtes — autant de communautés dont les langues, proches du finnois et de l’estonien, témoignent d’une présence millénaire dans les forêts et les plaines de la Russie intérieure, bien antérieure à l’expansion slave. Ces peuples ont traversé les vagues successives de russification, de soviétisation et de mondialisation en maintenant des identités distinctes, parfois fragilisées mais jamais effacées.

La Carélie est l’une des fenêtres les plus accessibles sur cette réalité finno-ougrienne : sa langue minoritaire, ses traditions de chant runique et ses pratiques religieuses syncrétiques y sont encore vivaces. Plus à l’est, dans les républiques de Mordovie, de Mari El et de Tchouvachie, des communautés rurales préservent des rites animistes, des fêtes agraires et des savoir-faire textiles que les ethnologues documentent avec urgence avant leur disparition. Notre dossier sur les Mordves, Maris et Tchouvaches dresse le portrait de ces trois peuples frères, souvent confondus sous l’étiquette uniforme de « minorités de la Volga ».

La question de la transmission est au cœur de toutes les préoccupations : entre migration vers les grandes villes russes, pression scolaire du russe dominant et tentation de l’assimilation, les jeunes générations finno-ougriennes naviguent entre enracinement et modernité. Des mouvements de renaissance culturelle, portés par des associations, des radios communautaires et des plateformes numériques, cherchent à inverser la tendance. Pour aller plus loin dans la découverte des cultures traditionnelles de Russie, le site HeritageRusse.fr propose de nombreuses ressources éditorielles sur le patrimoine des peuples de Russie.